Stimmlos

pièce pour cinq danseurs

 

« Si au moins, je pouvais entendre ce soir un peu de Wagner » Charles Baudelaire.

 

D'après moi, la danse a ce pouvoir fascinant de concrétiser l'ivresse des passions. C'est dans cette perspective que le Romantisme, et les sujets qui y sont rattachés tels que l'amour, la mort et le fantastique, sont apparus comme un outil de recherche chorégraphique. Si mon choix s'est porté sur Wagner, c'est parce qu'il me semblait que ce qui émane de sa musique, un romantisme exalté qui tend parfois à la démesure, pouvait être immédiatement relié à une esthétique que je cherchais à explorer. En lisant les Fleurs du Mal, l'air des préludes de Wagner est venu s'inscrire comme une toile de fond aux poèmes de Baudelaire, les deux œuvres s'assemblant dans une même esthétique funeste et mélancolique. Paradoxalement, je veux dénuer le corps de toute humanité pour ne laisser jaillir que l'essence d'une émotion que l'humain se serait empressé d'interpréter. Le geste en deviendra épuré, tenu et précis. L'écriture du mouvement prendra appui sur les poèmes de Baudelaire de différentes façons : elle pourra en dégager le sens, être une illustration , jouer sur le rythme... elle jouera sans cesse entre une abstraction et une expressivité La chorégraphie jouera sans cesse avec les limites d'une danse aux accents trop pompeux et peut-être même trop kitsch. Cela établira un véritable lien avec le public dans la mesure où, pour moi, ce procédé permet de mobiliser des images populaires, dites «de référence», auprès du spectateur. Ce travail se place alors comme un acte chorégraphique: faire oublier le réel l'espace d'un instant poétique. Cinq danseurs apparaîtront comme des êtres impalpables, des revenants venus nous parler du temps, nous dire « souviens-toi! (…) vieux lâche, il est trop tard! »

Arthur Perole

 

 

Stimmlos Zwei

recréation avec cinq danseurs et dix danseurs amateurs âgés de plus de 60 ans

 

Pour cette nouvelle version de Stimmlos, spectacle créé en 2014, Arthur Perole réunit au plateau cinq jeunes danseurs professionnels et dix interprètes amateurs âgés de plus de 60 ans, auprès desquels il a mené des ateliers de 2016 à 2018, en partenariat avec LE ZEF, scène nationale de Marseille. Un croisement générationnel pour interroger l’influence de l’âge dans la perception des émotions et questionner l’héritage et la transmission par le geste chorégraphique.

 

Les corps se dessinent dans un clair-obscur envoûtant, au son des Préludes de Wagner. Des mouvements précis, épurés, contenus. Des gestes lents, soudain suspendus, comme pour mieux condenser l’émotion. Une esthétique à la noirceur mélancolique inspirée des poèmes de Baudelaire pour évoquer le temps qui passe, l’amour, la passion et la mort. Entre ultime abstraction et hyper expressivité, interprétation glaciale et lyrisme musical, cette pièce chorégraphique met tous nos sens en éveil et nous plonge dans un moment dense et poétique hors du réel.

 

 

 

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Chorégraphie : Arthur Perole avec l'aide des interprètes / Avec : Eva Assayas, Marie Barthélémy, Ariane Derain, Steven Hervouet, Matthieu Patarozzi / Musique : Richard Wagner (Préludes) / Son : Julien Carton / Lumière : Guillaume Fesneau / Costumes : Catherine Garnier et Lucie Patarozzi

Production : CieF

Partenaires : Apport en production du CDC Paris Réseau (Atelier de Paris-Carolyn Carlson, l'Etoile du nord, Micadanses ADDP, le Studio Le Regard du Cygne-AMD).

Avec le soutien de KLAP Maison pour la danse (résidence de finalisation 2014), La compagnie Système Castafiore (Grasse), Le forum Jacques Prévert (Carros), Les journées Danse Dense (Pantin), Le Centre National de la Danse.

La compagnie est subventionnée par la DRAC Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Conseil Régional Provence-Alpes-Côte d'Azur, le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes et la Ville de Mouans-Sartoux.